| imageouvertephotographes . photographie | ||||
| Jacqueline Salmon |
| Rimbaud
parti Antoine Wicker (DNA du 16/12/2006) |
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Le
Néant parti, reste le château de la pureté. Stéphane Mallarmé Dans le sillage de la photographe Jacqueline Salmon, Jean-Christophe Bailly voyage à travers le pays de Rimbaud parti. Dans le souvenir du poète en allé. A l’imaginaire poétique et littéraire de Strasbourg ou de l’Alsace à Waldersbach, il consacra des pages de virtuose sensibilité poétique et romanesque. Et c’est à l’invitation de Jacqueline Salmon qu’il se glisse là dans une campagne où il arriva à Rimbaud, dit-il, de se replier : « Une sorte de point éteint du monde où il lui arriva d’être et de se retirer, où il lui arriva –toujours – de finir par s’en aller ». C’est l’esprit de leur quête, inscrite à l’enseigne de Mallarmé –« Le Néant parti, reste le château de la pureté » : Quelle marque ou quelle absence de marques, quel vide a pu laisser Arthur Rimbaud là même où il écrivit, au moins en partie, sa Saison en enfer. De la ferme de Roche où sont nées ces pages de la Saison il ne reste « que le silence d’un fragment de mur qui ne fait même pas ruine », à deux pas d’un lavoir où le poète, y signale un panneau, « aurait » médité. Et de ce pan de mur muet à la précaution d’un conditionnel, c’est l’absence de toute certitude qui se pose ici en guide. La photographe en son remarquable corpus d’images y invita l’écrivain –ni l’un ni l’autre ne se soucient de ressusciter les traces ou les signes du lien un jour établi entre le poète et cette campagne des parages de Charleville. Mais l’un et l’autre veulent y éclairer l’ « énigme » qui de ce lien maintient jusqu’aujourd’hui et pour toujours le mystère : à la manière d’un film en noir et blanc y saisir « de quelle façon l’immense masse d’oubli de la campagne se souvient, et comment il est possible, dans cette espèce de ritournelle enfoncée à même les mares et les ronces des sous-bois, d’apercevoir, peut-être, ce fond de vérité et même de vérisme qui trame l’espace de la voyance et de l’oracle ». « Enormes séquences de ciel au-dessus de la fêlure », mais aussi bien « deuil étendu à tous les détails » de la fabrique vivante des paysages de ce fin fond de campagne : Bailly en cette observation tisse finement l’étude de l’histoire même de l’économie et de la sociologie contemporaine de ces contrées, et chemin faisant y tisse aussi la théorie même de l’essai littéraire qu’ici il entreprend – tout cela avec un naturel et une simplicité qui manifestent à chacun l’élégante clarté et l’érudit foisonnement la pensée qui y préside. Et de Rimbaud poète, cet essai ne néglige pas bien entendu de repérer « ce que l’on sait et que l’on peut dire » - qu’ "il aura seul en son temps et à une incroyable vitesse envisagé le poème en dehors de la prose, voulu que le poème puisse traverser le monde en excluant la pose, et que cela fait sauter, exploser le poème », et l’aura fait précisément là, en ces lieux, en ces parages. D’hier ou d’aujourd’hui :« Quelqu’un, presque un enfant encore, là-bas derrière une lampe, et peut-être qu’il lit, ou écrit. Il n’y a en lui ou autour de lui aucun bruit. Il fait tomber des pierres dans son silence, il il est à lui-même son propre puits, il se déchire tout entier, il n’est plus là, il ne reste, impénétrablement, que sa mémoire ». |
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».